« Comment devenir femme fontaine » est une requête qui présuppose sa propre réponse : il existerait une méthode, et au bout de la méthode, un résultat. La littérature médicale ne valide ni l’un ni l’autre. Ce qu’elle décrit, ce sont deux phénomènes physiologiques distincts, leurs mécanismes, leur fréquence réelle, et un cas de figure où l’expulsion de liquide pendant un rapport n’est pas une réponse sexuelle mais un symptôme qui relève d’un soin. Le reste — la régularité, le volume, le déclenchement à la demande — vient d’ailleurs : de contenus filmés, dont nous produisons une partie. Autant le dire depuis ce côté-là de l’écran.
« Femme fontaine » : ce que le mot désigne, ce que les shows en ont fait
Le terme populaire recouvre deux phénomènes que la recherche sépare par le mécanisme et par le volume : l’éjaculation féminine et le squirting. La version spectaculaire qui circule en France — jet visible, quantité importante, déclenchement sur commande — provient très majoritairement de contenus filmés, pas d’une moyenne observée en population.
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Le vocabulaire fait déjà une partie du travail d’illusion. En français, « femme fontaine » nomme une personne, comme s’il s’agissait d’une catégorie qu’on intègre ou non, d’une aptitude possédée à vie. En anglais, « squirting » nomme un geste et, implicitement, une quantité. Les deux formulations poussent dans la même direction, celle d’un objectif à atteindre, alors que les données décrivent un phénomène variable, souvent inconstant chez une même personne, et dont aucune méthode d’obtention n’a été démontrée.
L’ordre de grandeur des chiffres qui circulent suffit à mesurer cette variabilité. L’Association française d’urologie, rendant compte d’une présentation au 118e Congrès français d’urologie de novembre 2024, rapporte qu’« entre 40 % et 55 % des femmes, selon des études récentes, émettraient de quelques gouttes à plus de 150 ml » (AFU, 2024). Une fourchette allant de quelques gouttes à plus de 150 ml n’est pas une norme physiologique : c’est le constat qu’il n’existe pas de format standard, et qu’une image de show ne représente pas le milieu de la distribution.
Cette page tient donc trois registres séparés et le dit à chaque fois : ce que la littérature permet d’affirmer, ce qu’elle ne permet pas d’affirmer, et ce qui relève de la production d’un contenu vendu. Précision sur l’illustration : le visuel de cet article est une image d’illustration. Il ne documente rien, ne prouve rien, ne résulte d’aucun test.
Éjaculation féminine ou squirting : deux mécanismes, deux origines
Jusqu’en 2011, toutes les expulsions de liquide à l’orgasme étaient appelées indifféremment « éjaculation féminine » (Pastor & Chmel, Clinical Anatomy, 2022). La distinction actuelle n’est pas un raffinement de vocabulaire : elle change complètement ce qu’on peut espérer, et d’où vient le liquide.
| Critère | Éjaculation féminine | Squirting |
|---|---|---|
| Origine | Glandes para-urétrales (« prostate féminine »), le long de l’urètre | Vessie, expulsion transurétrale |
| Volume | Quelques millilitres | Environ 10 mL ou davantage |
| Aspect | Liquide épais, plutôt trouble | Liquide transparent, abondant |
| Composition | Forte concentration de PSA | Urine diluée et modifiée, contribution prostatique marginale |
| Visibilité | Discrète, souvent non remarquée | C’est la forme filmée, celle qui se voit |
Le mécanisme vésical du squirting a été observé directement. Chez sept femmes rapportant des émissions massives et récurrentes, l’échographie pelvienne montre une vessie vide après miction volontaire, un remplissage vésical notable juste avant l’émission, puis une vessie de nouveau vidée immédiatement après ; urée, créatinine et acide urique sont comparables entre les urines initiales, le liquide émis et les urines finales. Les auteurs nuancent eux-mêmes : le PSA, absent des urines initiales chez six participantes sur sept, était présent dans le liquide émis chez cinq sur sept (Salama et al., J Sex Med, 2015). Autrement dit, le liquide est essentiellement urinaire, avec un apport glandulaire réel mais minoritaire.
À l’autre bout, l’existence anatomique de la source glandulaire a elle aussi été documentée : chez deux femmes préménopausées de 44 et 45 ans, l’échographie périnéale haute définition identifie une structure de tissu glandulaire entourant toute la longueur de l’urètre, l’urétroscopie montre un orifice médian juste à l’intérieur du méat urétral externe, et le liquide émis présente les paramètres du plasma prostatique, contrairement aux urines de la même personne (Wimpissinger et al., J Sex Med, 2007). Deux cas ne font pas une prévalence, mais ils établissent l’organe.
La conséquence est pratique, pas anecdotique : viser le volume, c’est viser le mécanisme vésical. Ce qui implique d’accepter que le liquide attendu soit en grande partie de l’urine diluée, et de partir vessie non vide. Ceux qui promettent un jet abondant tout en jurant que « ce n’est pas de l’urine » demandent deux choses incompatibles.

Est-ce que ça s’apprend ? Ce que les études ne disent pas
Réponse directe : aucune étude d’entraînement au squirting n’existe dans la littérature indexée. Personne n’a démontré qu’une méthode fait passer une femme de « jamais » à « quand elle veut ». Toutes les pages qui numérotent cinq techniques promettent implicitement une causalité que rien ne soutient.
Ce qui est documenté, c’est la fréquence. Une étude transversale par questionnaire auprès de 1 568 Suédoises de 18 à 69 ans montre que 58 % ont déjà vécu une éjaculation ou un squirting ; parmi elles, cela survient systématiquement pendant les rapports pour 7 % seulement, et à quelques occasions pour environ 52 % (Påfs et al., Sexual Medicine, 2024). La modalité normale du phénomène est donc l’occasionnel, pas la régularité.
La prévalence rapportée varie énormément selon la méthode employée. Une revue systématique situe celle de l’éjaculation féminine entre 10 et 54 %, en précisant que les valeurs hautes reposent surtout sur des questionnaires déclaratifs, l’objectivation en laboratoire n’ayant porté que sur quelques dizaines de cas (Pastor, J Sex Med, 2013). Quand on lit un pourcentage sur ce sujet, la première question utile est : déclaré ou mesuré ?
L’écart entre les deux n’est pas théorique. Sur 13 femmes ayant fourni à domicile des échantillons de liquide péri-orgasmique analysés en laboratoire, 8 ont été classées comme productrices de squirting, 4 comme présentant une incontinence coïtale et 1 comme présentant une éjaculation féminine (Maseroli et al., J Sex Med, 2026). L’analyse biochimique reclasse donc une partie des autodéclarations : ce qu’on croit vivre et ce qui se passe ne coïncident pas toujours.
La même étude, comparant ces femmes à des témoins appariées sur l’âge, associe le squirting à des scores plus élevés de désir, d’excitation et de lubrification, à une image du corps plus positive et à moins d’inconfort avec la proximité relationnelle. Les auteurs signalent eux-mêmes la petite taille de l’échantillon et le recours à l’autodéclaration : ce sont des corrélations, aucun lien de causalité n’est établi. Rien n’indique que provoquer le phénomène améliore quoi que ce soit ; il est au moins aussi plausible que l’aisance précède l’émission.
D’où la seule reformulation honnête de l’objectif : on ne s’entraîne pas à squirter, on retire ce qui l’empêche.
Ce qu’on peut réellement mettre en place
Les conditions qui suivent ne sont pas une recette et ne garantissent aucun résultat. Elles sont simplement cohérentes avec le mécanisme décrit plus haut, et elles ont le mérite de ne rien promettre.
- Un niveau d’excitation élevé et maintenu longtemps avant toute tentative — le phénomène est décrit en contexte d’excitation forte, pas comme un réflexe déclenchable à froid.
- Une vessie non vidée juste avant, puisque c’est elle qui se remplit avant l’émission (Salama et al., 2015).
- Une position qui permet le relâchement du plancher pelvien plutôt que sa contraction défensive.
- Une stimulation soutenue de la paroi vaginale antérieure, en acceptant que la sensation ressemble d’abord à une envie d’uriner.
Le point que la quasi-totalité des pages sur le sujet inverse, c’est la rétention. Le réflexe de se retenir est précisément ce qui bloque une expulsion urétrale. Le laisser passer suppose que la question de la serviette, du lieu et du regard du partenaire soit réglée avant, jamais pendant : une femme qui calcule les dégâts en temps réel ne se relâchera pas. C’est aussi ce que le vécu rapporté suggère, puisque 26 % des femmes concernées ont cru avoir uriné la première fois et 28 % ont réagi par un choc ou de la honte (Påfs et al., 2024).
Un mot sur les exercices de Kegel, omniprésents dans les articles concurrents : ils sont documentés pour la continence et la tonicité périnéale, pas comme méthode de déclenchement du squirting. Les recommander pour « devenir femme fontaine » revient à emprunter la crédibilité d’un usage établi pour un usage qui ne l’est pas.
Limites à garder en tête : le phénomène ne survient pas chez toutes les femmes, il n’est pas un marqueur de qualité d’orgasme, et il n’a pas à devenir un test de performance imposé par un partenaire. Parmi les femmes ne l’ayant jamais vécu, seul un tiers souhaiterait le vivre (Påfs et al., 2024) — la majorité n’a donc aucune raison d’en faire un manque. Critère d’arrêt explicite : si la tentative produit de la douleur, de la frustration répétée ou une surveillance de soi pendant le rapport, le coût dépasse largement le bénéfice.
Quand ce n’est pas du squirt : reconnaître une incontinence coïtale
Il existe un cas où ce phénomène n’est pas une réponse sexuelle mais un symptôme — et celui-là se soigne. C’est l’angle mort complet des contenus grand public sur le sujet.
L’incontinence coïtale est décrite comme un signe pathologique causé par un trouble urétral, une hyperactivité du détrusor, ou les deux, et nécessitant un traitement ; sa prévalence rapportée s’étend de 0,2 à 66 % selon les études (Pastor, J Sex Med, 2013). Cette fourchette absurdement large mérite d’être citée telle quelle, précisément parce qu’elle montre à quel point le sujet est mal mesuré — et combien de femmes peuvent confondre les deux situations sans jamais en parler.
On distingue classiquement une forme survenant à la pénétration et une forme survenant à l’orgasme. La première est la plus fréquemment rapportée : elle est mécanique, liée à la pression exercée sur la vessie et l’urètre, et se produit donc indépendamment du niveau d’excitation ou du plaisir — ce qui est déjà un élément de tri utile.
Les signaux qui doivent conduire à consulter plutôt qu’à chercher une technique : des fuites en dehors de tout contexte sexuel, à l’effort, au rire, à la toux ; une sensation d’urgence mictionnelle ; l’apparition ou l’aggravation du phénomène après un accouchement ou une chirurgie pelvienne. En France, l’interlocuteur peut être un médecin généraliste, une sage-femme, un urologue ou un kinésithérapeute spécialisé en rééducation périnéale. Cet article ne pose aucun diagnostic et ne promet aucune guérison : il indique seulement où la question cesse d’être sexuelle.

Le squirt vu du côté du show : ce que vend une plateforme de cam
C’est la partie qu’aucun blog de sextoys ni magazine féminin n’écrira, et elle explique l’essentiel de l’écart entre l’écran et la vie. Le squirt est une catégorie de show. Il est listé, filtré, demandé, et fréquemment posé comme objectif de tips à atteindre. Un contenu produit à la demande, sur commande, par des personnes sélectionnées pour leur capacité à le produire, n’a aucune raison de ressembler à la distribution réelle du phénomène — ni en régularité, ni en volume. La fréquence documentée du « systématiquement » chez les femmes concernées est de 7 % (Påfs et al., 2024) ; à l’écran, elle est de 100 %, parce que c’est ce qui est vendu.
Les conditions d’utilisation publiées par les plateformes permettent d’être factuel sur le reste du dispositif. Chez Chaturbate, l’accès est réservé aux adultes ayant atteint le plus élevé de 18 ans ou de l’âge de majorité de leur juridiction ; les jetons envoyés à un diffuseur sont traités comme une gratification et ne sont remboursés en aucun cas, y compris lorsqu’ils ont été envoyés à la demande du diffuseur ; les shows privés sont enregistrés par défaut et l’enregistrement est remis au membre qui a acheté le show, le diffuseur pouvant désactiver cette option dans les paramètres de son compte (Chaturbate, conditions modifiées le 14/01/2026).
Pour une modèle qui envisage ce type de show, la conséquence est concrète et mérite une décision consciente plutôt qu’un jugement : ce qui est diffusé en privé peut exister sous forme de fichier chez un client, sauf réglage explicite contraire. Le paramètre se vérifie avant le premier show, pas après.
Côté diffusion, le cadre français est lui aussi vérifiable. L’article 227-24 du code pénal punit de trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende la diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’un message à caractère pornographique lorsqu’il est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ; l’infraction est constituée même si l’accès du mineur résulte d’une simple déclaration de sa part indiquant qu’il a au moins dix-huit ans (Légifrance, version en vigueur au 02/12/2021).
C’est ce qui a conduit à la vérification d’âge obligatoire. Le référentiel technique a été adopté par l’Arcom par délibération n° 2024-20 du 9 octobre 2024, dans le cadre des pouvoirs renforcés par la loi SREN du 21 mai 2024 (Arcom) ; son texte officiel, publié au Journal officiel, fixe des exigences minimales pour tous les systèmes, des exigences supplémentaires au titre du « double anonymat », et un calendrier de mise en conformité échelonné (Légifrance, délibération du 09/10/2024). La CNIL a rendu un avis favorable par sa délibération n° 2024-067 du 26 septembre 2024 : le double anonymat signifie que le site sait que l’utilisateur est majeur sans connaître son identité, et que le fournisseur de preuve d’âge connaît l’identité sans savoir quel service est visité, le vérificateur devant être un tiers indépendant (CNIL, 2024).
Dernier point, pour celles qui envisagent le statut plutôt que le geste : un show tarifé en crédits est un revenu d’activité indépendante, pas un cadeau. Pour les auto-entrepreneurs affiliés au régime général et déclarant en bénéfices non commerciaux, le taux global de cotisations est passé de 21,1 % à 23,1 % du 1er juillet au 31 décembre 2024, puis 24,6 % en 2025, avec 26,1 % annoncés à partir du 1er janvier 2026 (Urssaf, page mise à jour le 10/07/2024) — le taux applicable à la date de lecture est à revérifier directement sur urssaf.fr, les barèmes évoluant par décret. Aucun montant de gain de modèle n’est avancé ici : nous n’avons consulté aucune grille tarifaire officielle, et inventer une moyenne serait exactement le travers que cet article reproche au reste de la page de résultats.
Ce qu’il reste, une fois les promesses retirées : un phénomène réel, occasionnel chez la plupart de celles qui le connaissent, majoritairement vésical quand il est abondant, sans méthode d’obtention démontrée, parfois confondu avec un trouble qui se traite, et dont l’image publique est fabriquée par une industrie qui le vend à la demande. Il y a plus à gagner à retirer les obstacles — la crainte d’avoir uriné, le regard du partenaire, la rétention — qu’à poursuivre un résultat que personne n’a démontré pouvoir enseigner.
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Sources
- Salama S, Boitrelle F, Gauquelin A, Malagrida L, Thiounn N, Desvaux P — The Journal of Sexual Medicine (International Society for Sexual Medicine) — Chez 7 femmes rapportant des émissions massives et récurrentes, l’échographie pelvienne montre une vessie vide après miction volontaire, un remplissage vésical notable juste avant le squirting et une vessie de nouveau vidée juste après. Urée, créatinine et acide urique sont comparables dans les urines avant stimulation, dans le liquide émis et dans les urines après. Le PSA, absent des urines initiales chez 6 participantes sur 7, était présent dans le liquide émis chez 5 sur 7. Conclusion des auteurs : le squirting est essentiellement une émission involontaire d’urine pendant l’activité sexuelle, avec une contribution marginale mais fréquente de sécrétions prostatiques. (J Sex Med 2015 mars;12(3):661-6 — epub 24/12/2014 (doi 10.1111/jsm.12799))
- Pastor Z — The Journal of Sexual Medicine (revue systématique, Université Charles de Prague) — L’éjaculation féminine (petite quantité de sécrétions blanchâtres de la prostate féminine) et le squirting (quantité plus importante d’urine diluée et modifiée) sont deux composantes physiologiques distinctes de la sexualité féminine et peuvent survenir simultanément. Prévalence rapportée de l’éjaculation féminine : 10 à 54 %, mais l’auteur précise qu’elle repose surtout sur des questionnaires déclaratifs, l’objectivation n’ayant été faite que sur quelques dizaines de cas. L’incontinence coïtale, de prévalence rapportée 0,2 à 66 %, est un signe pathologique causé par un trouble urétral, une hyperactivité du détrusor ou les deux, et nécessite un traitement. (J Sex Med 2013 juillet;10(7):1682-91 — epub 01/05/2013 (doi 10.1111/jsm.12166))
- Pastor Z, Chmel R — Clinical Anatomy (American/British Association of Clinical Anatomists) — Définitions quantifiées faisant référence : le squirting est considéré comme l’expulsion transurétrale d’environ 10 millilitres ou plus de liquide transparent, provenant de la vessie ; l’éjaculation féminine est la sécrétion de quelques millilitres d’un liquide épais issu des glandes para-urétrales et contenant une forte concentration de PSA. Jusqu’en 2011, toutes les expulsions orgasmiques de liquide étaient indifféremment appelées éjaculation féminine. Les deux mécanismes sont entièrement différents et peuvent coexister. (Clin Anat 2022 juillet;35(5):616-625 — epub 16/04/2022 (doi 10.1002/ca.23879))
- Wimpissinger F, Stifter K, Grin W, Stackl W — Department of Urology, Rudolfstiftung Hospital, Vienne — The Journal of Sexual Medicine — Chez deux femmes préménopausées de 44 et 45 ans rapportant une expulsion de liquide à l’orgasme, l’échographie périnéale haute définition identifie une structure de tissu glandulaire entourant toute la longueur de l’urètre féminin ; l’urétroscopie montre un orifice médian situé juste à l’intérieur du méat urétral externe, en position 6 heures ; le liquide émis présentait tous les paramètres retrouvés dans le plasma prostatique, à l’inverse des valeurs mesurées dans les urines émises. Les auteurs concluent en faveur de la prostate féminine comme organe et comme source de l’éjaculation féminine. (J Sex Med 2007 septembre;4(5):1388-93 — epub 18/07/2007 (doi 10.1111/j.1743-6109.2007.00542.x))
- Påfs J, Wahlberg A, Fugl-Meyer KS, Ziaei S — Universités de Göteborg, Uppsala et Karolinska Institutet — Sexual Medicine (Oxford University Press / ISSM) — Étude transversale par questionnaire en ligne auprès de 1 568 femmes suédoises de 18 à 69 ans : 58 % ont déjà vécu une éjaculation/squirting (plus souvent chez les femmes non hétérosexuelles) ; parmi celles qui l’ont vécu, cela survient systématiquement pendant les rapports pour 7 % et à quelques occasions seulement pour environ 52 % ; 77 % évaluent la sensation comme d’abord positive, mais 28 % ont réagi par un choc ou de la honte et 26 % ont cru avoir uriné la première fois ; 61 % rapportent un orgasme proche ou simultané, ces femmes étant plus susceptibles de le vivre positivement (p < 0,001) ; 58 % ont souhaité l'éviter à un moment, principalement à cause de l'humidité excessive ou de l'incertitude sur la nature du liquide. Parmi les femmes n'ayant jamais vécu ce phénomène, seul un tiers souhaiterait le vivre. (Sex Med 2024;12(5):qfae074 — publié le 26/11/2024 (doi 10.1093/sexmed/qfae074))
- Maseroli E, Pesce F, Yannas D, Cipriani S, Ravelli S, Maggi M, Vignozzi L, Jannini EA — Hôpital universitaire Careggi (Florence) et Université de Rome Tor Vergata — The Journal of Sexual Medicine — Étude cas-témoins monocentrique sur 13 femmes ayant fourni à domicile des échantillons de liquide péri-orgasmique analysés en laboratoire : 8 ont été classées comme productrices de squirting, 4 comme présentant une incontinence coïtale et 1 comme présentant une éjaculation féminine — l’analyse biochimique reclasse donc une partie des autodéclarations. Comparées aux témoins appariées sur l’âge, les femmes du groupe squirting ont des scores significativement plus élevés au FSFI total (p < 0,001), aux sous-domaines désir (p = 0,044), excitation (p < 0,001) et lubrification (p = 0,013), à l'Orgasmomètre (p = 0,008) et à l'échelle SES (p = 0,017), et plus bas au Body Uneasiness Test (p = 0,018) et à la sous-échelle d'inconfort avec la proximité (p = 0,017). Les auteurs signalent la petite taille d'échantillon et le recours à l'autodéclaration comme limites. (J Sex Med 2026 janvier 7;23(2):qdaf389 (doi 10.1093/jsxmed/qdaf389))
- Urofrance — Association française d’urologie (AFU) — Compte rendu d’une présentation du Dr Charlotte Methorst au 118e Congrès français d’urologie (20-23 novembre 2024). La page affirme : « Entre 40 % et 55 % des femmes, selon des études récentes, émettraient de quelques gouttes à plus de 150 ml. » Elle rapporte également deux liquides distincts (l’un transparent contenant urée et créatinine, l’autre trouble et épais contenant du PSA), situe la production dans les glandes prostatiques féminines le long de l’urètre, et mentionne une étude française auprès de 1 700 femmes et 1 300 partenaires selon laquelle près de 90 % des femmes bien informées sur ces réactions physiologiques avaient un ressenti positif. À citer comme chiffres rapportés par l’AFU, jamais comme norme physiologique. (Publié le 12/12/2024 (congrès des 20-23/11/2024))
- Légifrance — Journal officiel de la République française — Texte officiel de la délibération n° 2024-20 du 9 octobre 2024 relative au référentiel déterminant les exigences techniques minimales applicables aux systèmes de vérification de l’âge mis en place pour l’accès à certains services de communication au public en ligne et aux plateformes de partage de vidéos mettant à disposition des contenus pornographiques. Le texte fixe des exigences minimales applicables à tous les systèmes ainsi que des exigences spécifiques supplémentaires au titre du « double anonymat », avec une mise en conformité générale trois mois après publication, une période transitoire de trois mois supplémentaires pour les solutions par carte bancaire, et une application de l’exigence de double anonymat six mois après publication. (Délibération du 09/10/2024, publiée au Journal officiel le 22/10/2024)
- Arcom — Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique — Page de l’Arcom publiant son référentiel technique sur la vérification de l’âge pour la protection des mineurs contre la pornographie en ligne, adopté par la délibération n° 2024-20 du 9 octobre 2024 dans le cadre des pouvoirs renforcés par la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (loi SREN). Source à utiliser pour attribuer le référentiel à l’autorité qui l’a adopté, et non à un commentateur. (Référentiel adopté le 09/10/2024 (loi SREN du 21/05/2024))
- CNIL — Commission nationale de l’informatique et des libertés — La CNIL a rendu un avis favorable sur le référentiel de l’Arcom par sa délibération n° 2024-067 du 26 septembre 2024, estimant qu’il reprend une partie importante de ses préconisations. Le référentiel impose aux sites de proposer au moins une solution de vérification respectant le « double anonymat » : le site sait que l’utilisateur est majeur sans connaître son identité, et le fournisseur de preuve d’âge connaît l’identité sans savoir quel service est visité. Le vérificateur doit être un tiers indépendant, non contrôlé par le site pornographique. La CNIL met par ailleurs en garde contre une généralisation de la vérification d’âge au-delà des contextes à risque élevé. (Délibération du 26/09/2024, page publiée le 11/10/2024)
- Légifrance — Code pénal, article 227-24 — « Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique […] ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine […], soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur. » L’article précise que l’infraction est constituée même si l’accès du mineur résulte d’une simple déclaration de celui-ci indiquant qu’il a au moins dix-huit ans. (Version en vigueur au 02/12/2021)
- Urssaf — portail auto-entrepreneur (Urssaf Caisse nationale) — En application du décret du 30 mai 2024, le taux global de cotisations sociales des auto-entrepreneurs affiliés au régime général et déclarant leur chiffre d’affaires en bénéfices non commerciaux (BNC) passe de 21,1 % à un taux évoluant sur trois ans : 23,1 % du 1er juillet au 31 décembre 2024, 24,6 % du 1er janvier au 31 décembre 2025, 26,1 % à partir du 1er janvier 2026. Pour les auto-entrepreneurs relevant de la Cipav, le taux global passe à 23,2 % du chiffre d’affaires. Le taux 2026 doit être revérifié avant publication (voir reserve). (Page Urssaf mise à jour le 10/07/2024 (décret du 30/05/2024))

